ACTUALITES

Le CHT rassemble et conserve les documents relatifs aux mouvements ouvrier et paysan, et au travail pour constituer un fonds disponible à la fois pour les organisations ouvrières et paysannes et pour toute personne désireuse d'en étudier l'évolution.

 

Pour en savoir plus sur son histoire.

Partager "Edito/accueil" sur facebookPartager "Edito/accueil" sur twitterLien permanent
  • Contact

    Centre d'histoire
    du travail

     

    Ateliers et Chantiers
    de Nantes
    2bis, boulevard Léon-Bureau
    44200 Nantes
    (Tram ligne 1 /
    Chantiers Navals)

     

    02 40 08 22 04
    contact[at]cht-nantes.org

    Imprimer
    Partager "Contact" sur facebookPartager "Contact" sur twitterLien permanent
  • Ouverture

    Horaires d'ouverture

    du mardi au vendredi
    de 9h à 12h30
    de 14h à 17h

     

    Le CHT est ouvert à toutes et tous sur les horaires d'ouverture.

     

    Pour consulter les fonds, il est conseillé de prendre rendez-vous (simple appel ou email).

    Imprimer
    Partager "Ouverture" sur facebookPartager "Ouverture" sur twitterLien permanent
  • Lettre d'information

    Vous souhaitez vous abonner à notre lettre d'information bimensuelle ?
     

    S'inscrire

    Imprimer
    Partager "Lettre d'information" sur facebookPartager "Lettre d'information" sur twitterLien permanent
  

L'affaire Guy Bézier, un "non" ouvrier à la "pacification" nationale

Qui était Guy Bézier ? Un jeune ouvrier de dix-neuf ans, caréneur aux chantiers navals nazairiens. Le 28 mai 1956, cet enfant d’une famille nombreuse et modeste, sans engagement politique connu, se rend comme tant d’autres à une manifestation CGT de protestation contre le rappel massif de soldats du contingent en Algérie ; car la « pacification » est une guerre qui ne dit pas son nom…

 

Très vite, Guy Bézier est arrêté. Son crime ? Avoir entravé la circulation de matériel utilisé pour la défense nationale et détérioré du matériel de transport au service de l'armée. Plus précisément, on l’accuse d’avoir saboté les tuyaux d’une motrice de Micheline transportant des rappelés en gare de Saint-Nazaire. Incarcéré, il est jugé et condamné deux mois plus tard par le Tribunal militaire de Rennes à cinq ans de prison ferme.

 

L’émotion est grande en Basse-Loire, mais la mise en place immédiate d’un comité de soutien ne peut masquer les réticences de certaines organisations à soutenir le jeune homme. La CGT condamne ainsi le recours individuel à la pratique du sabotage mais se tient en retrait, laissant le soin au Secours populaire français (dont les racines sont communistes) de s'impliquer dans la défense du jeune ouvrier. En fait, au sein de ce comité créé pour arracher Guy Bézier des geôles de la République, ce sont les militants des Auberges de jeunesse, de culture libertaire, et les anarcho-syndicalistes, qui se font le plus entendre et notamment Alexandre Hébert. Le secrétaire général de l’UD CGT-FO de Loire-Atlantique, qui se revendique de l’anarchisme, a toujours défendu les pratiques d’action directe et s’est impliqué dans le combat pour l’indépendance algérienne (il est en lien avec le Mouvement national algérien de Messali Hadj). L'action menée est finalement payante : Guy Bézier est libéré à la fin du mois d’avril 1957… et dès le 2 mai, le voici en uniforme pour y accomplir son service militaire !

 

Contribution d’Yvon Gourhand (Atelier de recherches historiques de l’Université permanente de Nantes) et du Centre d’histoire du travail. L'Atelier de recherches historiques de l'Université permanente de Nantes a rédigé une brochure sur cette affaire, disponible ici.

 

Sources :

 

Presse : La Vérité, La Vérité des Travailleurs, La Commune, L'Ouest syndicaliste, Le Monde Libertaire, La Défense (journal du Secours populaire français).


Le syndicalisme et ses armes (2005), Agone, n°33.


Henri Routhiau, Rappelés et appelés nantais en Algérie, 1956-1957, ARH - UP Nantes, 2015.

 

Axelle Brodiez, "Le Secours populaire français dans la guerre d'Algérie : mobilisation communiste et tournant identitaire d'une organisation de masse", Vingtième siècle, revue d'histoire, 2006/2, n°90, p. 47-59. [En ligne]


Archives patrimoniales du Secours populaire français (Centre de documentation, Paris).

 

Archives du Centre d'histoire du travail, fonds Jean-Claude Ménard et fonds Paul Malnoë.

 

 

Article initialement publié sur le blog du CHT le 2 septembre 2016.

 

Retour vers la liste d'articles

RetourHaut