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Napoléon-Vendée, 1861 : quand Paul Robin y testait sa pédagogie...

Pédagogue et franc-maçon, libre penseur, libertaire et néo-malthusien, Paul Robin (1837-1912) est une figure importante du mouvement anarchiste français d’avant 1914. Bien peu se souviennent que le pédagogue toulonnais posa ses valises à La Roche-sur-Yon un jour de 1861…

 

En 1880, Paul Robin est appelé par Ferdinand Buisson, alors directeur de l’Enseignement primaire et bras droit de Jules Ferry, à diriger l’orphelinat de Cempuis (Oise). Il y applique, quatorze années durant, ses méthodes « d’éducation intégrale », faite d’enseignement mutuel, de laïcité et de « coéducation des sexes ». Victime d’une cabale cléricalo-politique, Robin, ce « pornographe, professeur d’immoralité » doit mettre fin à l’expérience.

 

On sait moins que ce scientifique qui fréquenta l’Ecole normale supérieure des sciences, enseigna en Vendée en 1861. Le voici donc « Professeur de physique, chimie, histoire naturelle, section scientifique et cours spécial provisoire », le tout pour 2 000 F, augmentés de 300 F pour le cours industriel. Il détonne autant par son tempérament rebelle, sa tenue négligée que par ses méthodes innovantes. C’est qu’aux cours théoriques, il préfère les travaux pratiques et les sorties : promenades botaniques, excursions, visites chez les artisans… Ce qu’il met en place en Vendée lui servira de guide pour la suite de son « apostolat pédagogique ».

 

Son but : « mettre en œuvre l’enseignement populaire des réalités scientifiques » et « offrir la science aux ouvriers qui la cherchent ». Son idéal ? Allier l’instruction intégrale (les connaissances, le savoir, le savoir-faire, préparant de pair au travail manuel-voir faire et chercher à imiter- et intellectuel) et l’éducation intégrale (la manière de se former, de recevoir, intégrer et maîtriser ces connaissances). Cet « enseignement intégral » n’est autre que le « droit qu’a chaque homme, quelles que soient les circonstances où le hasard l’ait fait naître, de développer le plus complètement possible, toutes ses facultés physiques et intellectuelles ».

 

Démissionnaire de l’enseignement en 1865, il s’installe en Belgique où son engagement, du côté des anarchistes, au sein de la Première Internationale lui fait connaître la répression et l’exil, en Suisse tout d’abord, puis en Angleterre au temps de la Commune (1871).

 

Après l’expérience de Cempuis, Paul Robin, proche de Francisco Ferrer, milite dans les milieux néo-malthusiens de la Ligue de la Régénération humaine avec Eugène Humbert et d’autres compagnons anarchistes. Il met fin à ses jours en Suisse en 1912. Il est incinéré au Père-Lachaise.

 

Contribution de Florence Regourd du CDHMOT Vendée.

 

Sources :

 

Nathalie Brémand, Cempuis. Une expérience d’éducation libertaire à l’époque de Jules Ferry, 1880-1894, éditions du Monde Libertaire, 1992. (Prix Jean-Maitron, 1989).

 

Christiane Demeulenaere-Douyère, Paul Robin (1837-1912), un militant de la liberté et du bonheur, Paris, Publisud, 1994.

 

Maurice Dommanget, Les grands socialistes et l’éducation, Paris, Armand Colin, 1970.

 

Sous la direction de Jean Maitron, Dictionnaire biographique du Mouvement Ouvrier Français (1871-1914), tome 15, Paris, Les Editions ouvrières, 1977 [Nouvelle biographie rédigée par Christiane Demeulenaere-Douyère].

 

Francis Ronsin, La grève des ventres. Propagande néo-malthusienne et baisse de la natalité en France. 19e–20e siècles, Paris, Aubier Montaigne, 1980.

 

Article initialement publié sur le blog du CHT le 18 novembre 2019.

 

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