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"Les v'là, en avant la JGS pour l'Espagne !" : l'auto-défense socialiste à Nantes (1937)

Les années 1930 sont marquées par l’opposition souvent violente entre « antifascistes » et « anticommunistes ». L’implantation à Nantes du Parti social français (PSF), successeur des Croix de Feu et considéré par les gauches comme un parti « fasciste », s’accompagne d’affrontements, comme en témoigne l’audience du 22 mars 1938 du tribunal correctionnel nantais pour une affaire survenue le 9 juillet 1937 [1].

 

Ce jour-là, une rixe oppose des socialistes aux partisans du PSF réunis au Chalet suisse dans le quartier de Chantenay. Il y a d’abord une algarade dans un café du boulevard de l’Égalité entre un jeune soudeur des Batignolles, membre de la Jeune garde socialiste (JGS), et un militant PSF, puis des échanges de coups devant la mairie de Chantenay puis le domicile d’un autre militant du PSF, expert-comptable de profession, qui termine au sol avec un grave traumatisme crânien. Il aurait été agressé au cri de « Les v’là, en avant la JGS pour l’Espagne ! » par de très jeunes militants (de 17 à 19 ans) appelés à la rescousse par le jeune soudeur. Le tribunal correctionnel condamne ces jeunes hommes à de la prison ferme, ainsi qu’à des amendes, tout comme deux militants du PSF. Décision scandaleuse pour le PSF qui s’empresse de dénoncer, dans les colonnes de son organe départemental (Samedi de l’Ouest), la violence des « marxistes », rappelant qu’un militant PSF a pour principe de « ne pas se battre » ! [2]

 

Ce fait divers est symptomatique d’une violence politique revendiquée durant les années 1930. Si l’on évoque souvent, et à juste titre, les troupes de choc des ligues d’extrême-droite (Camelots du roi, Jeunesses patriotes, « Dispos » des Croix de Feu puis membres des Équipes volantes de propagande du PSF) ou du mouvement communiste, on oublie que certaines fractions de la gauche socialiste refusaient de déserter le terrain de l’auto-défense ouvrière. Cet épisode souligne également que les Toujours prêts pour servir (TPPS) ou encore les Jeunes gardes socialistes (« organisation d’apparat et d’autodéfense des jeunesses socialistes ») n'étaient pas seulement actifs sur Paris et banlieue. À l’instar de leurs camarades de la capitale, les JGS de la capitale ligérienne n’entendaient pas laisser le PSF agir à sa guise, qui plus est dans un quartier populaire comme Chantenay, fief de la gauche, alors que de l’autre côté des Pyrénées le Frente popular subissait les assauts franquistes.

 

Contribution d'Yvon Gourhand.

 

[1] Initialement l’agression fut attribuée à de jeunes « communistes » [« Un drame politique à Nantes », L’Ouest-Éclair du 14 juillet 1937].

[2] « Les agresseurs de nos amis Jossique père et fils en correctionnelle », Samedi de l’Ouest du 26 mars 1938. L’un des deux hommes sera candidat pour le PSF dans le 7e canton de Nantes aux élections cantonales des 10 et 17 octobre 1937. Il recueillera 24 % des voix au premier tour.

 

Sources :

 

Presse : Samedi de l’Ouest ; Le Populaire de Nantes ; L’Ouest-Éclair [ADLA et Gallica].

 

Matthias Bouchenot, Tenir la rue. L’autodéfense socialiste 1929-1938, Libertalia, 2014.

 

Jacques Kergoat, Marceau Pivert « socialiste de gauche », Paris, éd. de l’Atelier, 1994 (chap. 9 – Autodéfense et unité d’action)

 

Danielle Tartakowsky, « Cultures communiste et socialiste à l’époque du Front populaire », Histoire par l'image [en ligne], octobre 2003.

 

Sur la violence et l’extrême-droite, lire également Anne-Catherine Schmidt-Trimborn, La ligue d’Action française (1905-1936). Organisations, lieux et pratiques militantes, Peter Lang, 2022.

 

Article publié le 1er septembre 2022.

 

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